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Soirée de gala du 11e colloque francophone des Villes-Santé de l’OMS - Les villes, laboratoires du progrès

La Chaux-de-Fonds, 16.02.2012 - Allocution du Conseiller fédéral Alain Berset - Seule la version orale fait foi.

Monsieur le Conseiller aux Etats,
Madame la Présidente du Conseil d‘Etat,
Monsieur le Président de la Ville de La Chaux-de-Fonds,
Mesdames et Messieurs les représentants des Autorités cantonales et communales,
Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre invitation au repas de gala du 11e colloque francophone des Villes-Santé de l’OMS.

Inutile de préciser que c’est pour moi un grand plaisir de parler devant vous ce soir, au cœur d’une région qui s’est toujours caractérisée par sa créativité et, malgré les diverses crises qu’elle a dû affronter, par son esprit de pionnier, par l’amour de la précision, du travail bien fait, et bien sûr par sa grande ouverture au monde, qui n’est pas la moindre de ses qualités.

Et cela m’amène naturellement à ce qui nous réunit aujourd’hui. Que la Chaux-de-Fonds soit l’une des 90 « villes santé » de l’OMS Europe est un excellent exemple de lien entre global et local, ce lien entre environnement proche et vaste monde. Il y a les villes, la proximité, le lien local et il y a le réseau global. Le niveau local peut paraître anodin mais le nombre de ceux qui pensent que les déterminants les plus importants de la santé peuvent être influencés en premier lieu à l’échelon local ne cesse d’augmenter.

Compte tenu de la dimension plus restreinte des structures, les collectivités locales sont en effet confrontées au défi de développer un environnement urbain le plus sain possible.

L’effort fourni dans ce sens par les collectivités se trouve renforcé si elles se mettent en réseau à l’échelle européenne et échangent leurs expériences, comme c’est  le cas dans le réseau des Villes-santé Europe.

Le projet de l’OMS se fonde sur une approche de la santé au sens large : il a pour objectif de placer la thématique « santé » le plus haut possible dans l’agenda social, politique et économique des villes en l’abordant par le biais de l’éducation, des transports ou de l’urbanisme pour ne citer que quelques exemples.

Cela nécessite un engagement politique, des réflexions institutionnelles, des partenariats avec des acteurs du secteur privé et des projets novateurs. Formulé différemment : la santé est l’affaire de tous.

Mesdames et Messieurs,

Certes, cet objectif est ambitieux. Mais il ne peut en être autrement si l’on songe aux nombreux facteurs qui influent sur la santé d’un être humain, d’une société. Nous devons poser les bonnes questions et nous demander quelle société nous voulons organiser. A l’heure actuelle, qui dit santé pense en premier lieu à son financement. Mais l’être humain doit rester au cœur de nos préoccupations et à ce titre sa santé est essentielle: l’aménagement de notre environnement urbain et social doit aller dans ce sens.
Une ville comme la Chaux-de-Fonds, une ville à dimension humaine, peut faire sienne une telle approche en impliquant de nombreux acteurs divers tout en maintenant clairement le sens de ce qui est possible et nécessaire.

Mesdames, Messieurs,

L’initiative des « Villes-Santé » de l’OMS combine idéalisme et réalisme, et c’est exactement dans cet esprit que nous devons affronter les défis posés par la mondialisation. Nous devons nous attaquer, pas à pas, à ces défis à partir du terrain au risque sinon de nous retrouver paralysés face à l’ampleur et la complexité de certains problèmes. Une «ville-santé » est en effet consciente des défis et se mobilise pour trouver de bonnes solutions, tant pour l’environnement physique que pour l’environnement social. Selon l’OMS, « Ce qui définit une ville-santé n’est pas un état mais un processus. ». Les défis globaux nous contraignent à apprendre les uns des autres. Si une société n’apprend plus, elle se fige dans des préjugés vis-à-vis des autres – et vis-à-vis d’elle-même. Et aucune de ces deux attitudes n’est productive.
A quel point les villes sont importantes dans ce processus d’apprentissage collectif, Richard Florida, un économiste américain, l’a récemment décrit de manière convaincante. Dans son ouvrage « The Great Reset », il cite en effet 40 méga-régions urbaines qui assument 60 % du produit social mondial brut et 85 % des innovations techniques. Il appelle ces villes les « laboratoires du progrès ».

Mais ce principe s’applique aussi aux villes de plus petite taille qui ont, en raison de leur dimension plus restreinte, de nombreux avantages dans le processus qui génère en fin de compte le progrès technique et social.

C’est cette force d’innovation qui est aussi de mise, aujourd’hui plus que jamais, pour les questions de société et de santé. Nous n’avons aucun autre choix que d’aménager le monde dans lequel nous vivons de manière à ce qu’il ne nous rende pas malade.  

Et c’est précisément parce que l’échelon communal a une si grande importance en cas de problèmes de santé publique, et parce que c’est sur place que l’on peut le mieux résoudre ces problèmes que je suis confiant que bon nombre de ces innovations se feront ici, dans notre pays. La subsidiarité pratiquée quotidiennement est une nécessité, elle qui constitue le noyau de la culture politique. 

Mesdames, Messieurs,

La culture légendaire de la précision et l’exigence de la plus haute qualité, qui étaient deux qualités si importantes pour le succès mondial de l’industrie horlogère suisse, ont incité des entreprises mondiales d’autres branches à s’installer dans cette région.
L’élément déterminant n’est pas le produit ou la branche, c’est le savoir-faire et l’engagement de tout un chacun.

Et pourquoi cet état d’esprit ne pourrait-il pas s’appliquer aussi aux questions de société ? 

Nous ne devons en effet pas perdre de vue que les innovations sociales sont aussi importantes que les innovations techniques.

L’un des célèbres fils de La Chaux-de-Fonds, le Corbusier, illustre bien ce propos. Il a prôné un renouvellement radical de l’architecture en réaction aux rapides mutations techniques des temps modernes.
Son architecture se présentait comme une innovation sociale. Le fait que ses idées et la manière dont elles ont été perçues restent controversées jusqu’à ce jour est aussi une preuve de leur originalité. Elles n’en restent pas moins une inspiration même pour ceux qui les jugent peut-être d’un œil critique.

Mesdames et Messieurs,

Je suis convaincu que d’importantes impulsions concernant la « santé durable » viendront de votre ville avec son riche patrimoine horloger car il en va des déterminants si complexes de la santé comme d’un mécanisme horloger : une dent doit être parfaitement ajustée aux autres. Merci de votre attention !

Adresse pour l'envoi de questions:

SG DFI

Auteur:

Secrétariat général DFI
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