«Le DPI n'est pas discriminatoire»

La Liberté - 24.03.2015

La Liberté : N'est-ce pas illusoire de séparer le vote constitutionnel qui autorise le DPI et celui sur la loi qui en définit les modalités?

Alain Berset: Il y a évidemment un lien entre ces deux éléments. Sans la modification constitutionnelle, il n'y aura même pas de discussion sur la loi. Mais notre système prévoit une concrétisation en deux étapes. D'abord sur le principe, puis sur les modalités d'application. Je suis convaincu que celles-ci donneront lieu à un référendum. Cela nous permettra de mener le débat.

A l'issue des délibérations parlementaires, la loi est devenue plus libérale que le projet initial du gouvernement...

Il est vrai que le parlement a élargi le cadre proposé par le Conseil fédéral, mais la loi reste moins permissive que les réglementations des pays voisins. Elle exclut notamment le bébé sauveur conçu pour ses précieuses cellules souches. Elle limite aussi le nombre d'embryons pouvant être développés hors du corps de la mère. Je souligne par ailleurs qu'il n'y a aucune obligation de recourir au DPI. Il faut juste savoir si l'on veut faire bénéficier de cette technique les parents qui le souhaitent ou si l'on préfère se voiler la face en laissant ceux qui le peuvent se rendre à l'étranger.

N'y a-t-il pas un risque d'eugénisme?

C'est justement parce que nous prenons cette question au sérieux que nous devons fixer un cadre. Il ne s'agit pas d'autoriser tout ce qui est techniquement possible. Il est par exemple interdit de déterminer le sexe d'un enfant. Ce que nous voulons, c'est permettre aux personnes qui se savent porteuses d'une maladie grave de n'avoir pas à recourir à un avortement. Ce n'est pas une discrimination vis-à-vis des personnes handicapées.

Letzte Änderung 24.03.2015

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